Ujjayi dans les asanas : le souffle sonore

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Ujjayi se repère facilement dans un cours collectif : toute la salle résonne d’un souffle régulier et feutré. Le hatha yoga l’utilise de deux façons : comme pranayama à part entière et comme fond sonore des asanas. On traduit généralement son nom par « respiration victorieuse ».

L’application explique plus bas comment trouver le son ; nous voyons ensuite dans quelles postures ujjayi aide, et où il vaut mieux respirer normalement.

Ujjayi — « la respiration victorieuse » — est une technique où la glotte se resserre légèrement et où le souffle devient audible, comme le bruit lointain de l'océan.

Pour l'apprendre : imaginez que vous voulez faire de la buée sur un miroir. Un léger resserrement apparaît dans la gorge, avec un son chuchoté « ha ». Fermez maintenant la bouche et respirez de la même manière par le nez. Ce bruit doux, c'est ujjayi.

À quoi ça sert :

— Le son rend le souffle observable : on entend quand il est régulier et quand il se dérègle. C'est un indicateur d'effort intégré aux postures.

— Le resserrement de la glotte ralentit et allonge naturellement le souffle, ce qui déclenche la réponse apaisante du système nerveux.

— Le son continu devient un point d'ancrage pour l'attention : le mental se disperse moins.

Dans les postures, pratiquez un ujjayi léger : le son n'est audible que pour vous. En pranayama, il peut être un peu plus marqué. La gorge reste souple : si une tension ou une toux apparaît, relâchez le resserrement.

Commencez par la pratique « Respiration ujjayi » de la section « Respiration », puis essayez de garder ce son pendant les maintiens des postures — surtout dans les postures de force, où le souffle a tendance à « se cacher ».

Là où ujjayi aide

  • Les longs maintiens des postures debout, comme le guerrier II ou la posture de la chaise. Le son tient le rythme, et vous remarquez plus tôt que vous commencez à vous crisper.
  • Les enchaînements calés sur la respiration, où chaque mouvement correspond à une inspiration ou une expiration. Par exemple « Vague douce », dans la rubrique des échauffements, ou la salutation au soleil en version un mouvement par souffle.
  • Les postures de force : la planche et la posture du bateau. Au son, on entend tout de suite si la respiration s’est arrêtée.

Ujjayi et vitesse du mouvement

Le son ralentit aussi les transitions. Quand l’inspiration dure 4 à 5 secondes, il devient presque impossible de lever les bras ou de passer en fente d’un coup : le mouvement s’étale sur toute la phase du souffle. Dans les enchaînements, ujjayi rend donc la pratique plus fluide, et l’attention ne papillonne plus entre les postures.

Là où il vaut mieux respirer normalement

En savasana et dans les postures de repos comme la posture de l’enfant, on abandonne le contrôle du souffle : le son n’y a pas sa place. Dans la chandelle, la gorge est déjà comprimée par la position de la tête, et l’on garde une respiration silencieuse et douce.

Enfin, si le son vous demande un effort et que la gorge se fatigue, revenez pour aujourd’hui à une respiration ordinaire.

Ujjayi comme pratique à part

La rubrique pranayama propose la respiration ujjayi, avec une inspiration de quatre secondes et une expiration de six. Assis, sans effort physique, il est plus facile d’entendre si le son est identique à l’inspiration et à l’expiration. Cherchez à le garder régulier du début à la fin de chaque phase, sans à-coup au départ ni extinction à la fin.

Questions

Faut-il garder ujjayi pendant toute la pratique ? Non. Dans un hatha yoga aux longs maintiens, beaucoup respirent de façon silencieuse et naturelle, et reviennent à ujjayi quand l’attention commence à dériver ou que l’effort augmente.

Ujjayi a-t-il des contre-indications ? L’application n’en mentionne aucune pour ce pranayama. Si la gorge est irritée, ou si le son ne vient qu’au prix d’une tension, mieux vaut respirer normalement pendant ce temps.

Pratique